Appel au gouvernement fédéral : les enfants n'ont pas leur place en centre fermé

13 juin 2018

281 signataires de la campagne ont appelé aujourd'hui le gouvernement à ne pas détenir des enfants et centre fermé et de ne pas ouvrir en juillet.

Dans quelques semaines, peut-être même dans quelques jours, des enfants seront à nouveau enfermés en centre fermé en Belgique. Nous, organisations des secteurs associatif, de la jeunesse, de l’enseignement, des mondes culturel, social, sportif, confessionnel et autres, ne pouvons le tolérer. Nous appelons aujourd’hui le gouvernement à ne pas franchir cette ligne rouge et à renoncer à son projet.

Des enfants, qui ont souvent grandi en Belgique, seront bientôt arrachés à leur école, à leur club de sport, à leur cercle d’amis, à leur quartier, pour être mis derrière les barreaux, uniquement parce que leurs parents n’ont pas de titre de séjour en Belgique. D’autres y seront emmenés alors qu’ils viennent à peine d’atterrir sur le sol belge, à la recherche d’une vie meilleure mais sans que leurs parents aient le droit d’accéder au territoire.

Pour mener à bien ce projet inhumain, le gouvernement fédéral a choisi un lieu sordide : les enfants seront enfermés avec leurs familles à côté du centre 127 bis, à Steenokkerzeel, à 250 mètres de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Bruxelles-National. Que la détention ne dure qu’une nuit, qu’une journée, qu’une heure… aucun prétexte ne justifie qu’un enfant se retrouve enfermé.

Notre position : On n’enferme pas un enfant. Point.

La détention d’enfants viole les droits de l’enfant. La détention d’enfants pour des raisons migratoires va toujours à l’encontre du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant.

L’impact négatif et profond de la détention sur la santé, le développement et le bien-être des enfants a été démontré à maintes reprises, même lorsqu’il s’agit de très courtes périodes de détention dans un environnement prétendument « adapté ».

Tous les enfants, qu’ils soient réfugiés, demandeurs d’asile, sans papiers ou non, doivent être traités comme des enfants, dans le respect de leurs droits fondamentaux et en accord avec le droit international.

Tous les enfants doivent être libres. La liberté est un droit humain fondamental. Un enfant ne peut jamais être mis en détention sur base de son statut migratoire ou de celui de son parent.

Tous les enfants doivent être soignés et protégés. Dans toutes les décisions qu’un État prend concernant les enfants, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.

Nous, 281 organisations belges, appelons donc le gouvernement fédéral à abandonner immédiatement son projet de détenir des enfants en centre fermé. On n’enferme pas un enfant. Point.

 

ON N’ENFERME PAS UN ENFANT. POINT. est une campagne de la Plate-forme Mineurs en exil, en partenariat avec Caritas International, Ciré asbl, Vluchtelingenwerk Vlaanderen et JRS Belgium et avec le soutien de 281 organisations belges.

Consultez la liste complète des 281 signataires sur www.onnenfermepasunenfant.be

 

Cette carte blanche a été publié le 13 juin 2018 dans Le Soir et De Morgen

Consultez également le communiqué de presse accompagnant "281 organisations appellent le gouvernement à ne pas détenir d'enfants en centre fermé." 

 

Une campagne de

Unicef
Mineurs en exil

En partenariat avec

Caritas
Ciré
Vluchtelingenwerk Vlaanderen
JRS